QUE S’EST-IL PASSÉ POUR LE BUDGET 2025 ?
Le préfet a pris la main sur le budget 2025 de la commune non pas à cause d’une crise financière,
mais bien à cause de la crise politique interne au Conseil Municipal.
Le 9 avril 2025, lors de la séance du conseil Municipal qui devait doter la commune d’un budget, les groupes d’opposition ont décidé de ne pas voter l’affectation du résultat qui avait été proposé.
Pour rappel, l’affectation du résultat correspond à l’utilisation qui est décidé de faire de l’excédent de fonctionnement d’un exercice. On peut soit reporter ce résultat en fonctionnement, soit l’injecter en investissement pour le financer.
Les oppositions ont argumenté ce refus de l’affectation tel qu’il avait été proposé au motif qu’ils préféraient que la commune ait recours à l’emprunt plutôt qu’à l’autofinancement.
Sans affectation de résultat, le budget n’a pu être proposé au vote.
Le Maire, dans l’incapacité de faire voter un budget avant la date butoir du 15 avril, en a informé le préfet qui dans la foulée a saisi la Chambre Régionale des Compte (CRC) afin de doter la commune d’un budget.
La Chambre Régionale des Comptes à émis en retour au préfet des propositions de règlement du budget primitif 2025.
La proposition de la CRC a été établie à partir du projet du budget de la commune, des consommations des crédits depuis le début de l’année 2025, de la moyenne des consommations des crédits des trois précédents exercices ainsi que des pièces justificatives fournies en cours d’instruction. Et ce afin « d’assurer le fonctionnement normal de la collectivité ainsi que le règlement des dépenses obligatoires et la poursuite des opérations engagées ».
La CRC n’a relevé aucune anomalie ni incohérence sur la proposition du budget de la commune qui devait être proposé au vote du Conseil Municipal.
Concernant l’affectation du résultat, le magistrat s’est référé à l’instruction budgétaire et comptable M57 qui « prévoit que l'excédent de fonctionnement doit prioritairement couvrir le besoin réel de financement de la section d'investissement conformément aux articles L. 2311-5 et R. 2311-5 du code général des collectivités territoriales ».
La section de fonctionnement a été reprise dans son intégralité.
Il a été retiré de la section d’investissement tous les nouveaux projets qui n’avaient pas fait l’objet de décision du Conseil Municipal. (Pour information complémentaires, toutes les propositions retirées par la CRC ont été adoptées par la suite en Conseil Municipal lors de Décisions Modificatives du Budget Primitif, pour revenir quasiment au budget initialement proposé le 9 avril.)
A la suite du rapport qui lui a été transmis par la CRC, le Préfet a suivi les préconisations de cette dernière et a doté la commune d’un budget.
LA SITUATION FINANCIÈRE DE LA COMMUNE
DE ST-JEAN-DE-VEDAS EST SAINE
La situation financière de la commune est saine.
Ces six dernières années, compte tenue de la crise sanitaire liée au COVID et du contexte géopolitique international, la rigueur et la gestion responsable de la commune ont permis de maintenir un niveau de santé financière tout à fait satisfaisant.
Entre 2019 (dernière année de la précédente mandature) et 2025, la population officielle de l’INSEE est passée de 9 713 habitants à 13 460, soit une augmentation de 39% en 6 ans.
Cette augmentation de population a un impact intrinsèque sur les dépenses de fonctionnement de la commune. Pourtant, ces dépenses n’ont augmenté que de 35% sur la même période (selon les chiffres provisoires de la balance 2025 des comptes de la commune).
Ramené à l’augmentation de la population, ces dépenses réelles de fonctionnement par habitant ont diminué de 2%.
Pour interpréter ces données financières, faisons un focus sur deux ratios les plus significatifs :
- L’épargne nette correspond à l’épargne disponible dégagée par des dépenses de fonctionnement maitrisées et le remboursement de la dette, et qui permettent de financer les investissements de la collectivité, sans avoir recours à l’emprunt. Cette épargne nette a augmenté de 39% entre 2019 et 2025.
- La capacité de désendettement permet de mesurer le nombre d’années théoriques nécessaires pour éteindre la dette bancaire, à épargne brute constante. À Saint-Jean-de-Védas, en 2025 et selon les chiffres provisoires de la balance des comptes de la commune, la capacité de désendettement devrait se situer aux alentours de 2.6%, enregistrant une baisse de 19% entre 2019 et 2026.
Pour donner un repère, on estime que le seuil d’alerte pour une collectivité est atteint lorsque la capacité de désendettement se situe entre 10 et 12%.
La dette par habitant a reculée de 27% entre 2019 et 2025 et s’établit à 596.13€/habitant en 2025.
Cette maitrise des dépenses de fonctionnement ont permis de maintenir un niveau d’investissement suffisant pour engager de nombreux projet (Centre Jeunesse, Cours Oasis, Rénovation énergétique de l’école Rascol…), sans fragiliser ni dégrader la situation financière de la commune. Cela a également permis d’éviter au maximum le recours à l’emprunt alors que les taux d’intérêts s’envolaient.
LA PLACE DE SAINT-JEAN-DE-VÉDAS
DANS LA MÉTROPOLE DE MONTPELLIER
Saint-Jean-de-Védas est la 5e commune de la Métropole en terme de population.
Ce graphique illustre l’encours de la dette par habitant pour l’année 2024 au sein des différentes communes de la métropole de Montpellier.
Saint-Jean-de-Védas se distingue clairement des autres communes, affichant un encours de dette par habitant de 571,61 €. Ce montant est significativement inférieur à celui des autres communes de la métropole. En effet, la majorité des communes de la Métropole affichent un encours de dette par habitant bien supérieur, dépassant souvent les 1 000 €, voire 2 000 € pour certaines.
Cette situation place Saint-Jean-de-Védas dans une position particulière, celle d’une commune dont la dette par habitant est la plus faible de la métropole. Cela reflète une gestion financière plus rigoureuse et une capacité à limiter l’endettement par rapport aux autres communes pour financer les investissements.
Ce graphique présente la capacité de désendettement des communes de la métropole de Montpellier pour l’année 2024. Cet indicateur, exprimé en années, reflète le nombre d’années nécessaires pour rembourser la dette d’une commune si celle-ci y consacrait l’intégralité de son excédent de fonctionnement. Une capacité de désendettement faible indique une situation financière plus saine et une dette plus facilement maîtrisable.
Saint-Jean-de-Védas se distingue une nouvelle fois de manière particulièrement positive. Avec une capacité de désendettement de 2,74 années, la commune affiche un des meilleurs scores de la métropole.
En comparaison, la majorité des communes de la métropole présentent une capacité de désendettement bien supérieure, souvent dépassant les 10 ans, voire 30 ans pour des communes comme Montaud ou Sussargues. Cela signifie que Saint-Jean-de- Védas est en mesure de rembourser sa dette bien plus rapidement que ses voisines, ce qui témoigne d’une gestion financière rigoureuse et d’une situation budgétaire solide.
Cette performance s’explique par une dette maîtrisée, confirmant ainsi sa gestion budgétaire efficace et durable.
Ce graphique présente l’épargne nette par habitant pour l’année 2024 au sein des communes de la métropole de Montpellier. L’épargne nette correspond à l’épargne brute après déduction des remboursements en capital de la dette. Elle est un indicateur essentiel pour évaluer la capacité réelle d’une commune à financer ses investissements sans recourir à l’emprunt.
Saint-Jean-de-Védas se positionne de manière très favorable dans ce classement. Avec une épargne nette par habitant de 152,92 €, la commune se situe dans le haut du tableau, bien au-dessus de la moyenne des autres communes de la métropole.
En comparaison, plusieurs communes affichent une épargne nette par habitant bien inférieure, voire négative, comme Sussargues ou Grabels. Cela signifie que Saint-Jean-de-Védas dispose d’une capacité financière solide pour financer ses projets d’investissement et assurer son développement, sans alourdir sa dette.
Cette performance peut s’expliquer par une gestion rigoureuse des dépenses, une fiscalité locale maîtrisée, et une dette modérée. Elle reflète également une situation financière saine, qui permet à la commune de dégager des marges de manœuvre pour ses projets futurs. Ce niveau d’épargne nette place Saint-Jean-de-Védas parmi les communes les plus vertueuses de la métropole.
En synthèse, Saint-Jean-de-Védas se démarque au sein de la Métropole de Montpellier, par une gestion financière exemplaire, alliant un faible niveau d’endettement, une capacité de désendettement rapide, et une épargne solide.
Ces indicateurs positifs reflètent une gouvernance rigoureuse et une situation budgétaire saine, offrant à la commune des marges de manœuvre importantes pour son développement futur. Cette performance financière renforce la crédibilité de Saint-Jean-de-Védas en matière de gestion publique.
Sources graphiques : data.ofgl.fr
OPÉRATION CONSTRUCTION
PÔLE ENFANCE JEUNESSE
Le projet de la campagne 2020 était initialement la construction d’un « Pôle Artistique et Jeunesse ». Mais, après consultation des agents du Pôle Culture, ces derniers ne souhaitant pas quitter le Domaine du Terral. Le projet s’est donc recentré sur le Service Jeunesse, afin de leur offrir un bâtiment plus spacieux, moderne et fonctionnel.
Dans ces circonstances, la première estimation pour la construction d’un nouveau Centre Jeunesse s’est établit à 1, 716 M€ (Maitrise d’Œuvre comprises) en 2021.
Entre 2021 (année d’ouverture du programme) et 2023, le projet a évolué.
En effet, l’idée était d’optimiser ce nouveau bâtiment public afin de le faire vivre toute la semaine, et pas uniquement les soirs et pendant les vacances.
Le projet devient ainsi celui du Pôle Enfance Jeunesse. Il peut accueillir le LAEP (Lieu d’Accueil Enfant Parent), le RPE (Relais Petite enfance) regroupant 65 assistantes maternelles, le PIJ (Point Information Jeunesse), mais également la PMI (Protection Maternelle et Infantile). Une salle multi-activité profitera également à d’autres structure de la ville.
Le projet est donc passé de 300m² à 984m² pour le bâti, auxquels se sont également rajoutés 1042 m² d’aménagements extérieurs.
Ce nouveau projet, tout comme sa nouvelle estimation budgétaire, ont évidemment été validés en commission municipale (où siégeaient à la fois élus de la majorité et de l’opposition) par le choix de l’architecte à l’issue du concours.
Le coût total de l’opération a également dû être ajusté en 2025 selon plusieurs impératifs :
- Le coût de la Maitrise d’œuvre étant calculé sur le montant des travaux (13.16%), auquel se sont rajoutés des missions complémentaires liées au nouveau projet, l’enveloppe budgétaire a été réévaluée en conséquence (+29.93% soit 535 400€). Ces avenants ont été votés en Conseil Municipal ;
- Les missions de Contrôle (CT et CSPS) ont été prolongées entraînant une augmentation de 11.75% (également voté en Conseil Municipal) ;
- S’approchant de la fin des travaux, une enveloppe budgétaire complémentaire est décidée afin de passer le marché d’aménagement en mobilier et matériel nécessaire au bon fonctionnement du nouveau Pôle Enfance Jeunesse (+116 500€) ;
- Une enveloppe supplémentaire a été prévue sur l’autorisation de programme afin de ne pas bloquer la fin de l’opération (350 K€). Cette enveloppe ne sera consommée qu’en cas de nécessité.
En conclusion
Le projet initial de la campagne 2020 a évolué et s’est recentré sur les besoins des secteurs de l’enfance et de la jeunesse, et mutualisant plusieurs services publics (LAEP, RPE, PIJ, PMI), tout en prenant en considération l’accroissement de la population. Le projet, initialement estimé à 1,716 M€, a vu son ambition et son budget s’adapter : la surface est passée de 300 m² à 984 m² (avec 1 042 m² d’aménagements extérieurs), et le coût des travaux a été réévalué à 3,7 M€ en 2023. Malgré un contexte économique difficile (inflation, flambée des prix), la maîtrise des coûts a été exemplaire : les avenants n’ont généré qu’un dépassement de 1,20 % sur les travaux. En 2025, des ajustements budgétaires ont été nécessaires (maîtrise d’œuvre, contrôle, mobilier), mais l’enveloppe globale de 4.9 M€ a été limitée, avec une marge de sécurité pour finaliser le projet.
Ce projet illustre une gestion assumée, responsable et collaborative, validée à chaque étape par les instances municipales, et répondant aux besoins croissants des besoins de la commune.